Introduction
La Banque centrale européenne pourrait prendre des mesures supplémentaires si elle jugeait qu'UniCredit n'a pas respecté ses demandes de réduction de ses activités en Russie.
Contexte
UniCredit, la deuxième plus grande banque d'Italie, a annoncé qu'elle lancerait son offre publique d'achat de 14 milliards d'euros pour acquérir Banco BPM le 28 avril, ayant obtenu le feu vert de l'autorité de régulation des marchés, Consob.
Dans des documents publiés sur son site internet, UniCredit a décrit les risques liés à la Russie, où elle possède une banque de détail.
Développements
UniCredit a déclaré qu'une perte totale de sa filiale russe réduirait de plus de moitié son bénéfice pour 2024, le faisant passer de 9.7 milliards d'euros à 4.2 milliards d'euros.
Cependant, la banque a précisé que l'impact sur son ratio de capital de base – un indicateur clé de la solidité financière – ne serait pas supérieur à 0.5 point de pourcentage, malgré une valeur comptable de 5.5 milliards d'euros pour ses actifs nets en Russie, en partie parce que leur perte libérerait des capitaux.
La banque a noté que sa présence en Russie l'expose à des risques spécifiques liés à la crise ukrainienne en cours, risques également reconnus par la BCE.
En avril, la BCE a fixé des délais pour qu'UniCredit accélère son retrait de Russie, ce que la banque italienne a contesté devant le Tribunal général de l'Union européenne.
UniCredit a indiqué que répondre aux exigences de la BCE pourrait l'amener à enfreindre la loi russe ou des sanctions internationales.
Réactions de la direction
Le PDG Andrea Orcel a déclaré aux actionnaires la semaine dernière qu'UniCredit se conformait aux demandes de la BCE concernant la Russie.
UniCredit a mentionné dans le document que, conformément à la décision de la BCE, elle agit pour réduire ces risques. « Si la BCE estime que les actions d'UniCredit ne respectent pas sa décision, elle pourrait prendre des mesures de supervision supplémentaires. »
Impact sur les paiements
Les paiements représentent le plus grand enjeu, a rapporté une source ayant connaissance du dossier, car les rares banques non russes encore présentes en Russie sont les seules capables de traiter les paiements transfrontaliers.
UniCredit a indiqué dans ses résultats annuels que les paiements transfrontaliers qu'elle a gérés avec la Russie ont augmenté de 8 % au quatrième trimestre, atteignant 9.8 milliards d'euros, en raison de remboursements de dettes ponctuels de la part d'entreprises occidentales.
Conclusion
Les défis auxquels UniCredit fait face en raison des tensions en Russie continuent de soulever des préoccupations tant pour l'entreprise que pour ses investisseurs, alors qu'elle essaie de trouver un équilibre entre conformité et minimisation des pertes.